LA SOCIETE FRANCAISE DE L'ANCIEN
REGIME
Au XVIIe siècle la France était le
pays le plus peuplé d'Europe, passant de 15 à 25 millions
d'habitants . Il faut néanmoins bien distinguer le XVIIe siècle,
période de misère, de famines, de guerres et d'épidémies
(pestes) du XVIIIe plus agréable, sans guerre ni grand malheur, qui
permit un net enrichissement du pays.
Les différentes classes sociales
La noblesse
- Elle se caractérise par ses seigneuries (Michel Eyquem,
seigneur de Montaigne devient ainsi Michel Eyquem de Montaigne et même
Michel de Montaigne.
La particule "de" est le signe visible et officiel de la noblesse. Dans sa seigneurie,
le noble a un château et reçoit les droits féodaux de
ses paysans -comme le droit de location de la terre. Parfois la seigneurie
n'est que théorique ou très réduite.
- La noblesse se veut riche, car elle
n'a pas le droit de travailler de ses mains,
sous peine de déroger. Elle ne doit ni se fatiguer ni obéïr
à un patron autre que le roi.
- Elle se veut puissante
puisque en théorie elle seule approche le roi qui lui réserve
les hautes fonctions politiques, administratives, militaires et religieuses.
- On distingue:
- la haute noblesse,
vivant à la cour, très riche et très puissante
(Montmorency, Condé, Rohan, Polignac et Lamballe,
Conti,) généralement "frondeuse"
et très avide de pouvoirs même au détriment du roi. C'est
ce qui a créé des troubles à la mort d'Henri IVet
de Louis XIII et des intrigues au XVIII siècle).
- la noblesse "crottée" de province, est pauvre et de
ce fait plus cupide que prodigue.
- On distingue:
- la noblesse d'épée, ancienne, très portée sur le métier
des armes
- la noblesse de robe,
plus récente surtout portée sur la magistrature, les cours
de justice (Parlements) et l'administration.
- On distingue:
- les ducs
- les marquis
- les contes
- les barons
La bourgeoisie:
- C'est une classe de citadins (bourgs)
- Elle est riche.
- Les bourgeois travaillent
beaucoup même s'ils refusent eux aussi
les métiers "vils" et pénibles. Généralement
ils préfèrent le droit, l'administration et la justice aux
métiers du commerce et de l'industrie.
- Ils adorent posséder des terres et sont très ambitieux pour
dominer les paysans, le peuple des villes mais aussi l'Etat au détriment
de la noblesse qu'ils jalousent et qu'ils critiquent pour son inutilité
et sa cupidité. Les petits propriétaires fonciers représentent
la base même de la société française et en seront
toujours l'idéal.
Le peuple
- Il est composé de paysans
sans terre ou de manoeuvriers travaillant de leurs mains pour les autres. Victimes
des mauvaises récoltes et des guerres, ils sont les premiers atteints
par les épidémies et la misère, devenant alors mendiants
et révoltés (Les révoltes
populaires ont été très
nombreuses surtout au XVII siècle)
Une société très
chrétienne:
Le pays est presque en totalité catholique. Les juifs et
les protestants sont peu nombreux.
Le clergé catholique
est très nombreux et très puissant.
- On distingue
- le haut clergé
(archevêques et évêques)
- du bas clergé (curés et vicaires de paroisses)
- On distingue
- Le clergé
séculier (prêtres vivant dans
le "siècle")
- du clergé
régulier (moines et religieuses
vivant selon une règle en communautés). Les couvents sont
très nombreux et généralement très riches
(à la campagne les bénédictins,
les cisterciens
ou trappistes, à la ville les ordres dits mendiants des franciscains et des dominicains
et les ordres enseignants comme les
jésuites
ou les oratoriens.
- Les fidèles assistent régulièrement
à la messe, aiment les processions et les pélérinages,
mêlant la foi religieuse et les pratiques plus ou moins magiques.
Le grand souci est de mourir chrétiennement et d'être enterré
religieusement. On lie morale et religion, et les philosophes du XVIIIe siècle auront du
mal à établir la distinction entre les deux.
- L'athéisme est aussi rare que dangereux et
les libertins
restent limités en nombre et en influence.
- Le milieu du XVIIe siècle fut une grande
période religieuse avec de grandes figures comme le célèbre
et charitable Saint Vincent de Paul.
- Les
jansénistes insistèrent
sur la misère de l'homme pécheur face à Dieu mais
- les jésuites
et la majorité de l'Eglise de France refusèrent de les suivre.
- Au XVIIIe siècle, l'Eglise ne sut ni ne
pu résister à la philosophie des lumières.
La vie sociale
- L'individualisme n'existe guère. Chacun
appartient à un ou à plusieurs groupes.
- La famille est très
importante avec tous les cousins et parents. Ce sont les hommes qui tiennent
la famille. Les femmes quittant celle de leurs parents pour aller dans
celle de leur mari (avec généralement une
dot). Le grand souci est d'assurer la continuité
de la famille (d'ou la nécessité d'avoir beaucoup d'enfants
surtout des garçons) et le progrès de sa richesse transmise
de génération en génération. De ce fait les
riches restent riches et les pauvres aussi. Aucune promotion sociale n'est
possible.
- On relève aussi d'un
village avec son histoire, son église,
ses biens communaux.
- On relève aussi d'une province qui a son histoire, ses coutumes et souvent son "patois".
- On aime se rencontrer en confréries religieuses,
en sociétés savantes, en salons, en réceptions mondaines
mais aussi en fêtes populaires mêlées de chants et de
danses.
- La malpropreté
est générale et source de maladies. L' alimentation est mauvaise, très
déséquilibrée avec beaucoup de farines et peu de viande. Il y avait
de grandes périodes d'austérité entrecoupées
de "goinfreries." Le XVIIIe siècle voit quelques améliorations, limitées aux classes supérieures. Il y a plus de
fruits, de sucre et de viandes.
- La mortalité est très forte, car les épidémies sont importantes frappant
surtout les enfants en bas âge. La mortalité était
environ de 25 à 30 morts par an sur 1000 habitants soit une espérance
moyenne de vie de 30 ans pour les hommes et 35 pour les femmes - deux enfants sur trois
mouraient avant un an. Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour
voir la disparition de la peste et l'apparition de l'inoculation et de
la vaccination antivariolique. Pour équilibrer cette forte mortalité,
il faut faire beaucoup d'enfants, de ce fait les célibataires sont mal
considérés et les gens se marient très jeunes. Les
femmes ont des enfants dès 18-20 ans.