La littérature française au XXème siècle

Les guerres, les profondes mutations psychologiques, économiques, politiques et sociales posent de graves questions auxquelles les gens de lettres répondent de manières variées selon les époques et les individus.

La description de la société contemporaine

Jules Romains (1885-1972) écrit pour le théatre Knoch, pour dénoncer les charlatans et surtout Les Hommes de bonne volonté, grande fresque de la société française de 1908 à 1933.

Roger Martin du Gard (1881-1958) décrit la bourgeoisie dans Les Thibault tout comme Roger Duhamel (1884-1966) dans la Chronique desPasquier

Marcel Proust (1872-1922) est l'auteur de la collection A la recherche du temps perdu description psychologique de la grande société parisienne et étude sur le souvenir et la relation entre le passé et le présent.

Marcel Aymé (1902-1967) est un romancier et un homme de théatre sensible au réalisme et à la satire, il s'intéresse surtout à la campagne (La Jument verte, Le Passe-muraille, Les Contes du chat perché ).

Jean Giono (1895-1970) décrit la Haute-Provence, la nécéssité et le bonheur de l'homme relié à la nature, à ses compatriotes et à ses amis dans Regain et Un de Baumugne .

La littérature et les autres arts

Les progrès de la radio, du cinéma et des disques amènent certains hommes de lettres à s'engager dans de nouvelles directions, ainsi,

Jean Cocteau (1889-1963) mèle le cinéma (La Belle et la bête , Orphée ) le théatre (Les enfants terribles ), la poésie et la peinture.

Marcel Pagnol (1895-1974) a aussi mis ses productions romanesques et théatrales au cinéma. Il a peint la société marseillaise dans Marius , César et Fanny et le milieu provencal dans Jean de Florette, Manon des Sources , la femme du Boulanger

Jacques Prevert met Paris en chansons et unit poésie, satire et musique.

Georges Brassens est le grand poète chanteur des années 50 et 60, mettant dans ses oeuvres gentillesse, gauloiserie et rudesse.

La littérature d'inspiration catholique

En réaction contre le réalisme scientiste de la fin du XIX siècle. Les catholiques profitent du succès de la philosophie du sentiment, de l'émotion et de l'intuition que Bergson a mis à la mode à la veille de la première guerre et jusqu'en 1950 une grande littérature s'intéresse aux problèmes du mal et du salut.

Charles Péguy (1879-1914) est un socialiste de plus en plus sensible aux beautés du christianisme et à la grandeur du nationalisme (Notre patrie, LaTapisserie de Notre Dame).

François Mauriac (1885-1970) romancier de la bourgeoisie provinciale, s'intéresse aux difficultés de communication entre les êtres et au déchirement du croyant entre sa foi et sa sensualité (Thérèse Desqueyroux, Le Noeud de vipère , Le mystère Frontenac )

Paul Claudel (1868-1955) est un homme de théatre, pour qui même le mal peut être source de salut (L'Annonce faite à Marie , L'Otage , Le Soulier de satin , Tête d'or )

Georges Bernanos (1888-1948) Dans la lutte entre le bien et le mal, il n'y a pas de place pour les tièdes (Journal d'un curé de campagne , Le dialogue des carmélite

De l'absurde à la Révolution Face aux difficultés croissantes de la vie moderne, beaucoup réagissent en dénoncant son absurdité.

Dès 1896, Alfred Jarry avait écrit Ubu-Roi pièce de la bêtise, de l'absurde et de l'horreur burlesque.

En liaison avec les peintres modernes, Guillaume Appolinaire (1880-1914) a voulu créér une nouvelle forme d'expression littéraire pour chanter l'amour et la vie.

Mais par la suite et surtout au lendemain de la première guerre, les Surréalistes ont voulu renverser les formes traditionnelles de l'art et de la littérature trop liées à une société dépassée et "pourrie."

André Breton (1896-1966) ,

Paul Eluard (1895-1952) et

Louis Aragon (1897-1971) vont essayer de lier cette révolution littéraire à la révolution politique et la poésie au combat marxiste.

L'existentialisme insiste sur la solitude de l'homme sans Dieu, devant créér sa propre morale et sa propre vie sans l'aide de personne.

Jean-Paul Sartre (1905-1980) est un philosophe qui a marqué la génération de l'après-deuxième guerre. Il a écrit des romans (La Nausée ) et surtout des pièces de théatre (Huit clos , Les Mains sales Son amie,

Simone de Beauvoir (1908-1986) est le symbole de la révolte et de l'émancipation feminine (Le deuxième sexe , Les Mandarins , Mémoires d'une jeune fille rangée ). Albert Camus (1913-1960) ne voit que la résignation et la sagesse pour affronter la bêtise du monde (L'étranger , La Peste ) .

Jean Anouilh (1910-1985) oppose la pureté de ses héros de théatre à la tristesse du monde (Antigone, Becket ou l'amour de Dieu )

Eugène Ionesco (né en 1912) exagère la bêtise, les mensonges et les prétentions de ses personnages pour en faire ressortir davantage le grotesque (La Cantatrice chauve , Les Chaises , Le Rhinocéros

Les autres directions littéraire Paul Valery (1871-1945) défend la poésie bien écrite et intelligente (Le Cimetière marin).

Andre Gide (1869-1951) a hésité devant le christianisme et le marxisme pour finalement exalter une vie libre et ouverte même immorale (Les Caves du Vatican , Les Nourritures terrestres )

Jean Giraudoux (1882-1944) est un romancier (Siegfried et le Limousin )et un homme de théatre (Amphytrion 38, La Guerre de Troye n'aura pas lieu) qui se veut toujours élégant et optimiste.

Colette (1872-1954) est la grande romancière de la femme et de l'amour (Chéri , Le Blé en Herbe , La Chatte , Gigi

Antoine de Saint Exupéry (1900-1944) vante l'action et la responsabilité (comme celle de l'aviateur dans Vol de Nuit ou Terre des hommes, ou celle du Petit Prince).

André Malraux (1901-1976) prêche l'action (Les Conquérants , La Condition humaine , L'espoir ) et la communion avec la beauté artistique (Le Musée imaginaire ).

Henri de Montherlant (1896-1972) vante le sport (roman Les Bestiaires ) mais aussi et surtout la solitude et la volonté de puissance (pièces de La Reine morte , Le maître de Santiago ).