La
vie en France pendant la seconde
guerre mondiale
André Palluel-Guillard
Pertes et souffrances humaines:
- 600.000 morts: (100.000 en 1940, 250.000 dans les camps,
40.000 dans les prisons, 70.000 dans les bombardements, 130.000
aux côtés des alliés en 1943-45)
- 1,5 millions de prisonniers en Allemagne de juin 1940 à
mai 1945, 300.000 déportés (près de 200.000
juifs, 100.000 résistants, 1/5ème reviendront)
- 150.000 Alsaciens-Lorrains transférés en Allemagne
(surtout des soldats involontaires "les malgré-nous")
- 500.000 travailleurs français transférés
en Allemagne en 1942-43
- En tout plus de 2 millions de Français seront récupérés
en Allemagne en 1945.
Pertes matérielles :
La France a perdu toute sa marine de guerre (à Oran
en 1940 et à Toulon en 1942.) Tous les ports (sauf Bordeaux)
et tous les noeuds ferroviaires sont systématiquement bombardés
et détruits en 1943-1944 (cf. le martyr de Brest, de Caen,
de Saint-Malo, du Havre, d'Amiens, de Rouen etc.) En 1945, un
cinquième du bâtiment est détruit ainsi que
la moitié des moyens de transport.
L'occupation étrangère :
- Limitée d'abord au Nord, elle s'étend à
tout le pays en 1943-44. Les Allemands exigent des indemnités
(près des 2/3 du revenu national) des livraisons obligatoires
de bauxite, de nickel, de produits coloniaux. Ils achètent
leur nourriture et du matériel à vil prix et pillent
les machines et les moyens de transport.
- Au début les Allemands sont "Korrects" mais
la Gestapo est toute puissante et bientôt l'occupation
se fait très dure (surveillance générale
à la place de la police française, couvre-feu)
surtout contre les juifs et les résistants considérés
comme des brigands.
- Otto Abetz, ambassadeur resté à Paris, se fait
de plus en plus exigeant vis à vis du gouvernement de
Vichy.
La misère et les contraintes :
- Les frontières: la France perd le Nord rattaché
à la Belgique, l'Alsace et la Lorraine rattachées
à l'Allemagne, les habitants de la côte atlantique
sont chassés de chez eux par la construction du mur de
l'Atlantique et de juin 1940 à novembre 1942, la ligne
de démarcation entre la zone nord occupée et la
zone sud libre est très difficile à franchir.
- Pénurie et rationnement: manque de charbon et de pétrole
donc difficulté de transports et de chauffage - manque
de nourriture: création du rationnement officiel, développement
des produits de remplacement, augmentation des prix, naissance
du "marché noir", beaucoup de souffrances pour
les enfants et les personnes âgées.
- Désorganisation de la vie matérielle, l'enseignement,
les services, le courrier fonctionnent mal, les familles sont
séparées, les carrières interrompues.
Les inégalités:
Les paysans souffrent moins que les citadins, les pauvres et
ceux qui n'ont plus de liens avec la campagne ni de "bonnes
relations" sont très touchés par la guerre,
mais les profiteurs et spéculateurs entretiennent encore
une vie mondaine dans les grandes villes et la volonté
d'oublier le présent explique le succès du cinéma,
du théâtre et de la littérature.