UNE AFFAIRE DE FEMMES (1988)
Chabrol raconte l’histoire de Marie-Louise Giraud, la dernière
femme condamnée à la guillotine pour avoir aidé des femmes
a avorter pendant le régime de Vichy.
Résumé:
Marie habite dans un petit appartement avec ses deux enfants dans la misère et la pauvreté pendant que son mari est parti pour la guerre. Un jour elle fait un avortement pour sa voisine qui ensuite lui envoie d'autres femmes pour que Marie les aide avec leur avortement. Ainsi, Marie tombe sur un métier assez lucratif car ceci n’était pas permis à l’époque. Naïve et rêveuse, Marie ne se rend pas compte des conséquences ni du danger. Quand son mari revient de la guerre, il doit accepter la nouvelle indépendance de sa femme, même si cela ne le plait pas. Pourtant, il ne dit rien de sa nouvelle profession car la vie était dure et la famille s’enrichissait. Marie doit faire face à la trahison de son mari (par jalousie de son affaire avec un autre homme) et voit finalement la conséquence de ses actes.
Dans son film, Chabrol nous montre un côté différent de
la situation des femmes à l’époque. Pour faire face aux
difficultés,
plusieurs femmes se sont prostituées, ce que Marie n’a
pas fait. Au contraire, elle aide les prostituées à avorter, ce
qui était
interdi par le régime de Vichy. Dans ce sens, cela était
sa façon
de « résister », même si elle finit par s’impliquer
avec un collaborateur.
Personnages Principaux :
Importance du Titre
:
Le titre « Un affaire des Femmes » sert à montrer que
les hommes ne comprenaient pas l’avortement ni la raison pour laquelle
il était nécessaire dans certains cas. Ceci est évident à la
fin du film quand Marie est à Paris pour être jugé et
se plaint du juris en disant : « Ils sont tous des hommes,
comment pourriront-ils comprendre ? »
Claude CHABROL (notes biographiques)
Il est né à Paris le 24 juin 1930. Il poursuit des études à Paris,
mais renonce bientôt pour s'adonner à sa passion : le cinéma.
Passionné par le cinéma américain, il devient critique
aux "Cahiers
du Cinéma", une revue qui renouvelle la façon de parler
du 7eme Art.
Il publie, en 1957, en collaboration avec Eric Rohmer, autre pilier des "Cahiers
du Cinéma", un livre sur Hitchcock. Puis, Chabrol fonde sa société de
production, et produit, pour démarrer, un court métrage de Jacques
Rivette, « Le coup du berger », dont il est aussi scénariste.
«
Le beau Serge », un drame paysan sera son coup d'essai en tant que réalisateur.
Il a fait une série de films ambitieux et commercialement peu
rentables. Cependant, en 1968, Chabrol reprend enfin le succès
critique et public, en alignant une série de films prestigieux:
Ainsi, Chabrol devient l'un des cinéastes français les plus productifs.
En 1976, il travaille sur la série de télé "Madame
le juge", avec Simone Signoret. Dans les années 80 Chabrol
commence son genre de prédilection qui toujours parle de la
société :
Dans « Une affaire de femmes » (1988), il critique encore un fois
la bourgeoisie. Il met en scène l’actrice Isabelle Huppert, qui
devient son actrice fétiche et apparaîtra en plusieurs films.