1--Résumé du film et info

2--QUE LA FÊTE COMMENCE (1975) fiche et résumé

1719. En Bretagne, la révolte éclate contre la pression du pouvoir et la famine qui sévit, révolte menée par un nobliau impatient, le Marquis de Pontcallec, personnage pittoresque, hurluberlu de l'aventure. Avant de passer à l'action armée, le Marquis décide avec ses pairs, de se rendre à Paris et d'avoir un entretien avec le Régent, Philippe d'Orléans.
Ce dernier qui a pris le pouvoir en 1715, à la mort de Louis XIV, contre les dernières volontés du défunt, n'a pas encore réussi à enrayer la crise économique dont il a hérité, en dépit des promesses du système Law et de son apparente prospérité.
Philippe d'Orléans est un chef d'état libéral, généreux et travailleur. Du moins le jour, car dès la nuit tombée, il court aux petits soupers, fêtes galantes et tableaux vivants organisés pour lui, qui le rendront célèbre, et auxquels participent les plus jolies femmes de la capitale, qu'elles soient grandes dames, bourgeoises ou putains.
Il vient justement d'enterrer l'une des reines de ces fêtes, sa propre fille Joufflotte, Duchesse de Berry, qu'il chérissait tant que les mauvaises langues les accusaient de coucher ensemble. Il est parvenu à surmonter son chagrin, et semble même saisi d'une énergie nouvelle pour gouverner. L'Abbé Dubois, son ministre, son complice aussi, en profite pour l'inciter à sévir contre ces petits nobles bretons qui s'agitent, mais il est éconduit avec humour.
Curieux homme que cet Abbé Dubois. Fils d'un pauvre apothicaire, il a choisi le clergé, seule voie possible pour "arriver". Il jure et blasphème comme un charretier, et protège "La Fillon" propriétaire du bordel le plus huppé de Paris, dont il partage les bénéfices fort substantiels. Il veut devenir archevêque et le plus tôt possible. Bien sûr, il ne croit pas en Dieu (ni au Diable) mais quand il sera Pape... qui sait ?
Artisan de l'alliance avec l'Angleterre contre les Espagnols, il sollicite l'appui du Roi d'Angleterre, afin d'obtenir des prêts d'argent pour les caisses de l'Etat et une intervention auprès du Régent pour sa mitre d'Archevêque.
Sur ces entrefaits, notre Breton arrive à Paris. S'accordant une récréation, il veut en goûter les plaisirs. Il n'en a pas encore eu le temps que le voilà arrêté et déporté avec d'autres convicts vers la Louisiane. Il parvient à s'échapper sur la route du Havre et rejoint son manoir breton, décidé cette fois à recruter une armée et déclarer la guerre au Régent avec l'aide des Espagnols.
Cela fait bien l'affaire de Dubois. Les Anglais exigent de lui un gage de fermeté et une répression sévère en Bretagne. Il va pouvoir leur donner satisfaction.
Dubois va donc grossir auprès du Régent l'importance du complot, de Pontcallec et de son armée fantôme, et obtenir l'envoi de deux régiments en Bretagne. Le Régent accepte de faire arrêter Pontcallec et les meneurs, mais refuse toute effusion de sang.
A Paris la situation s'aggrave brusquement. Les Nobles et l'Eglise inquiets des mesures très libérales décidées par le Régent, vont essayer de faire tomber le système de Law, en échangeant leurs actions de la Compagnie de l'Occident, et leur monnaie de papier contre de pleins chariots d'or. C'est la banqueroute.
Dubois exige du Régent un exemple et lui arrache la condamnation de Pontcallec et de ses trois amis qui seront exécutés sans autre forme de procès.
Ces exécutions, les premières qui se dérouleront depuis le début de la Régence, vont changer de manière dramatique la personnalité de Philippe d'Orléans et ses rapports avec Dubois.

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3--Filmographie de Bertrand Tavernier

4--"Que la fête commence" voir <http://www.lumiere.org/realisateurs/tavernier-bertrand-partie2.html>

(inspiré par le roman d'Alexandre Dumas "La fille du régent")

À l'époque, et on le verra avec "Que la fête commence", Tavernier affiche déjà le principe d'être éclectique en passant de Simenon à Dumas. Il fait alors un film très différent du précédent. Il refuse de se cantonner à un moule précis et abandonne ainsi la sobriété de "L'Horloger de Saint-Paul" pour plonger dans la démesure et l'excessif dans "Que la fête commence".
Il en avait déjà écrit le scénario en 1965, d'après "La Fille du Régent" d'Alexandre Dumas, et la productrice Michèle de Broca accepte de financer un nouveau travail sur ce scénario avec Jean Aurenche. Dès le départ Tavernier et Aurenche butent sur l'intrigue... Ils ont beau consulter des dizaines de livres sur la Régence et écrire bon nombre de scènes, le héros et l'intrigue demeurent toujours inintéressants... Jusqu'au jour où Aurenche propose de réunir toutes les scènes qui leur plaisent pour en tirer une sorte de chronique, sans trop se préoccuper de la ligne dramatique. Ils laissent ainsi tomber Dumas et décident de se faire plaisir. Ils sélectionnent un grand nombre de faits, s'intéressent à d'autres personnages du livre, consultent des chroniques du temps (Saint-Simon) et amassent peu à peu des anecdotes. Petit à petit la ligne dramatique commence à se dessiner d'elle même, tout en prenant l'allure d'une chronique quotidienne...
Puis c'est à nouveau la rencontre avec des problèmes de production. Cette fois-ci, ce sont les distributeurs qui rechignent, invoquant le fait que le film historique n'est pas à la mode et qu'ils sont choqués par certains aspects du scénario trop anticlérical et trop violent contre la noblesse. Certains producteurs abandonnent le projet trois semaines avant le début du tournage et il faut alors que Christian Ferry, qui ne croit pas au film mais qui agit par amitié pour Michèle De Broca, apporte un coup de main financier.
Au final Tavernier décide avec ce film de briser le côté antiquaire, le côté musée que l'on attribue généralement à l'Histoire. Il s'applique à enlever le vernis de l'Histoire officielle, quitte à choquer certains historiens. Il veut que le spectateur se sente proche des personnages, comme s'ils étaient modernes, et s'efforce d'adopter la formule de Jean Rochefort pendant le tournage : ""Faire comme si la caméra avait été inventée en 1778"...