« Dans ce monde, il faut être un peu trop bon, pour l'être assez»
(Marivaux)
Marivaux, par L.M. Van Loo
d'après
(1688-1763)
Pierre de Marivaux naît à Paris en 1688; nous
ne connaissons pas beaucoup sa vie. On sait qu'à dix-huit
ans il a fait jouer sa première comédie. Ruiné
par la banqueroute de Law, il doit travailler pour vivre: il écrit
des pièces de théâtre, des romans et des articles
dans des revues. Il meurt en 1763.
C'est dans la comédie qu'il triomphe. Il a écrit
vingt-sept comédies, dont la plupart étaient destinées
au Théâtre Italien. En effet ce théâtre,
qui n'était pas soumis à la tradition ni aux règles
des classiques, lui permettait la plus grande liberté.
Au Théâtre Italie, en outre, il trouvait une interprète
idéale pour ses piéces: Gianetta Benozzi, dite Silvia.
Les principales comédies de Marivaux sont "La surprise
de l'amour", " Le jeu de l'amour et du hasard,
" Le legs", " Les fausses confidences, " Le
préjugé vaincu ".
Parmi les romans de Marivaux, les meilleurs sont " La vie
de Marianne" et " Le paysan parvenu". Il les a
laissés incomplets, mail il a été facile
d'y ajouter un dénouement. Nous admirons dans ces deux
oeuvres la description exacte des moeurs: les différentes
milieux sont décrits avec précision. Mais ce qui
nous intéresse surtout c'est l'analyse psychologique, plus
poussée dans la Vie de Marianne. Comme dans son théâtre,
Marivaux excelle à analyser le coeur des hommes.
|
|
|
|
|
En ce temps-là le risque le plus grand était d'être mal marié. Le mariage était decidé par les péres, et était plus une affaires de convention que d'amour. Silvia notre héroine, grâce à son stratagème, refuse ces conditiones sociales et echappe à un possible destin malheureux en retardant le moment de dire " oui", sans rien savoir du stratagème parallèle de Dorante. Ce stratagème la portera à contrôler la situation sans risque de loisir son prétendant et en même temps, elle s'expose au risque, de venir dominer en mettant dans les vêtements d'une servante, c'est à dire d'une femme apartient à un niveau social inferieur. Ces doubles épreuves font de Silvia un personnage inquiet, hésitant et incertain mais en même temps le plan de son intrigue la rend surtout une femme très intelligente, et moderne. En conclusion, Silvia est vraiment un personnage riche, nuancé et déterminé, qui se révèle de plus en plus lucide et enthousiaste à réussir dans ses projets. |
|
Jeux de Cartes, Gravure de Lancret |
|
![]()
La grâce des personnages de Marivaux, leurs hésitations,
leur langage élégant, sans être excessivement
précieux, cet art de saisir les nuances de l'amour, tout
cela a été appelé le marivaudage.
Pris parfois en mauvaise part, ce terme indique au contraire la
puissance inimitable de Marivaux dans le domaine qu'il a choisi:
cet art, le marivaudage n'appartient qu'à lui.