Quatorze nouveaux ministres pour cohabiter avec Jacques Chirac

Martine Aubry

Emploi Solidarité

 
Dossiers urgents: négociation avec les partenaires sociaux avant la conférence sur les
salaires, l'emploi et le temps de travail; rétablissement de l'autorisation de licenciement.
 
A moyen terme: aménagement du plan Juppé; réduction de la durée du travail à 35
heures; création de 700 000 emplois pour les jeunes.
 
L'incontournable
L'ambitieuse a du talent. Après avoir dédaigné la place de numéro deux du PS que lui
offrait Lionel Jospin en 1995, Martine Aubry se hisse aujourd'hui à la place de numéro
deux du gouvernement Jospin. Ou comment se rendre incontournable, tout en sachant
garder ses distances. A 47 ans, celle qui déteste qu'on lui rappelle qu'elle est la fille de
Jacques Delors, ? même si elle lui ressemble de plus en plus ? retrouve son dossier favori:
le travail. Seize ans après avoir démarré sa carrière comme directrice adjointe du cabinet
de Jean Auroux, ministre du Travail en 1981. Energique et dure, capable de pinailler sur
chaque virgule de ses textes et interviews, elle a survécu à toutes les chausse-trapes de la
politique. A commencer par le parrainage, a posteriori encombrant, d'Edith Cresson qui
l'imposa ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle en 1991. Elle
aurait pu connaître une traversée du désert après la défaite de 1993. Mais non: Martine
Aubry se maintient sur la scène médiatique en créant la Fondation Agir contre l'exclusion.
A partir de là, elle va se tisser un véritable réseau, influent parce que varié.
Autour d'elle, on trouve aussi bien des socialistes (63 élus), que des communistes (Charles Fiterman), des écolos, des intellos (Alain tchegoyen, Alain Touraine) et surtout des patrons (Claude Bébéar, Antoine Guichard...). Il faut du talent pour réunir l'ancien numéro deux de la CGT, Alain Obadia, et l'actuel patron du CNPF Jean Gandois (dont elle fut la collaboratrice chez Pechiney de 1989 à 1991) afin de parler d'exclusion, d'entreprise-citoyenne et faire (un peu) de terrain. Manquait l'onction électorale à cette énarque, trop &laqno;techno» aux yeux de beaucoup de ses pairs mais populaire auprès des Français. Pierre Mauroy la prend sous son aile et lui fait un peu de place dans la 5e circonscription du Nord, au détriment d'un autre député PS. Durant cette
dernière campagne, Martine Aubry prend de l'épaisseur, jusqu'à s'imposer en tête du gouvernement, chargée des dossiers les plus délicats.
 
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