Quatorze nouveaux ministres pour cohabiter avec Jacques Chirac

Elisabeth Guigou

Garde des Sceaux

 

Dossiers urgents: réforme des liens entre les magistrats du parquet
et le pouvoir politique; refonte du code de la nationalité en réaffirmant le droit du sol, mise en ouvre du droit d'appel devant les cours d'assises.
 
A moyen terme: stopper l'inflation carcérale en développant les alternatives à la détention
provisoire et à l'incarcération.
La pugnace
Elisabeth Guigou est la première femme garde des Sceaux. Ce n'est ni par hasard ni pour
cause de quota féminin qu'elle figure parmi les rescapés du mitterrandisme. C'est du fait
de ses compétences, de son expérience et de l'énergie dont elle a fait preuve, depuis 1995,
pour travailler, dans l'ombre de Jospin, à la renaissance du PS. C'est aussi, même si cela
se dit moins, parce qu'elle a toujours évité de se joindre au chur des courtisans
mitterrandiens qui aimaient se gausser ouvertement de Jospin, après qu'il eut pris ses
distances avec le système Mitterrand. Sans jamais, pour autant, faire son miel des treize
années qu'elle a consacré à l'ancien président. Un sens certain de la dignité, donc. Ce qui
n'exclut pas une grande intelligence des situations et une détermination de tous les jours.
Toute sa vie en témoigne, y compris son implantation dans le Vaucluse contre une
nomenklatura socialiste qui n'a pas été pingre d'avanies.
Née au Maroc, en 1946, dans une famille de pieds-noirs, elle effectue de brillantes études.
Elle est admise à l'ENA en 1971. A sa sortie, elle choisit le ministère des Finances. Elle y
restera jusqu'en 1981. Socialiste discrète et pragmatique, elle entre, en 1982, au cabinet de
Jacques Delors, alors ministre de l'Economie et des Finances. Quelques mois plus tard,
c'est l'Elysée, dont elle devient un des rouages essentiels dans un domaine qui rebute le
Président, l'économie. Elle y plaide contre le décrochage du franc, gagne la confiance de
Mitterrand, qui la nomme, en 1985, à la tête du comité pour les questions de coopération
économique européenne (SGCI), d'où elle surveille de près Chirac pendant la première
cohabitation.
Ce n'est qu'en 1990 qu'elle est nommée aux Affaires européennes, un poste où elle vaincra
les dernières réticences, avant de se battre pour le &laqno;oui» à Maastricht, en 1992, et
d'être élue au Parlement européen en juin 1994. C'est tout ce bilan qu'elle va jouer dans ses
nouvelles ? et surprenantes ? fonctions
J. A
 
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