Jean Jacques Rousseau (1712-1778)



Né à Genève d'une famille protestante il perdit sa mère en naissant et il fut élevé par son père qui était horloger. A l'âge de 10 ans il fut mis en pension chez un pasteur très gentil qui le laissa tranquille, mais à l'âge de 15 ans, Il fut mis en apprentissage chez un graveur qui le traita durement. En 1728, il partit se promener un dimanche à la campagne et quand il rentra le soir les portes de la ville étaient fermées.

Craignant d'être battu, il s'enfuit en Savoie qui était le pays voisin. Il y rencontra une jolie veuve qui était chargé par Sa majesté très catholique, le roi de Piemont-Sardaigne, de convertir les calvinistes genevois qui passaient par là. Jean Jacques se laissa convertir docilement et devint l'amant de madame de Warens qu'il appelait "maman" . Il vécut avec elle à Chambéry et dans leur maison de campagne aux "Charmettes" de 1732 à 1736, et il y fut heureux jusqu'à ce qu'un nouveau jeune converti arrive et le remplace.


Il partit alors vers Paris à la recherche de la gloire qu'il espérait trouver grâce à un nouveau mode de notation musicale dont il était l'inventeur. Il y eut des déboires malgré un intermède pendant lequel il fut nommé secrétaire de l'ambassadeur de Venise. Il y fut traité en roturier et comme il protesta contre l'inégalite sociale on le chassa. A Venise il avait fait connaissance de la musique italienne. De retour a Paris il collabora à l'Encyclopédie avec Diderot, et gagna sa vie comme secrétaire et en écrivant de la musique. Il fréquentait les salons des intellectuels parisiens mais en même temps, Il vivait pauvrement avec une servante d'auberge, Thérèse Levasseur, à qui il fit 5 enfants qu'il abandonna et mit dans un orphelinat. Ainsi Rousseau de condition sociale était "peuple" mais par ses aspirations intellectuelles se voulait égal aux "gens de conditions". Il devint le champion de la vie simple, de la pauvreté et de la vertue, dénonçant la corruption et le vice de la société civilisée.

Dans le Discours sur l'origine de l'inégalité il critique l'injustice de la société contemporaine et lui oppose la bonté de l'homme à l'état de nature.
Voltaire qui le détestait lui envoya une lettre pour commenter son "Discours" en disant:
"J'ai bien reçu monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain.... il prend envie de marcher à quatre pattes en le lisant......." (1755)
Rousseau fut accueillit et hébergé par quelques grandes dames:
"à l'hermitage", dans le chateau de madame d'Epinay, puis à Montmorency chez la maréchale de Luxembourg. Mais il trouva moyen de se brouiller avec tous ses amis philosophes.

Il fut chassé de France à la suite de la publication de la Profession de foi du vicaire savoyard, oeuvre dans laquelle il proposait la religion naturelle comme alternative à la religion catholique. Il se réfugia en Suisse pendant 8 ans, passa une année en Angleterre, puis revint à Paris pour y vivre pauvrement et en solitaire. Il mourut au chateau d' Ermenonville, chez un aristocrate qui lui avait offert l'hospitalité.


Rousseau a écrit ses mémoires qu'il a appellé "Confessions" (1782- 1789), car il y fait le portrait d'un homme simple, pur, aimant la solitude et la vertu, qui doit se défendre contre les attaques du monde des méchants. Il a beaucoup été critiqué et moqué pour cet ouvrage lyrique, confidenciel et sincère, il a été accusé de mensonges et de paranoïa. Comme Les Essais de Montaigne Les Confessions de Rousseau sont un témoignage exceptionel sur l'être humain, son extrème complexité, ses illusions, ses grandeurs et ses faiblesses.


La Nouvelle Héloise (1761)


Ce roman fut écrit comme une revanche idéale sur sa vie réelle. terne et triste. Dans les Confessions, Rousseau fait un résumé du roman, qu'il présente comme une alternative virtuelle à sa vie quotidienne.
"L'impossibilité d'atteindre aux êtres réels me jeta dans le pays des chimères, et ne voyant rien d'existant qui fut digne de mon délire, je le nourrit dans un monde idéal que mon imagination créatrice eut bientot peuplé d'êtres selon mon coeur... je me figurais l'amour, l'amitié, les deux idoles de mon coeur sous les plus ravissantes images...J'imaginais deux amies...je les douais de deux caractères analogues, mais différents; de deux figures non pas parfaites mais de mon goût, qu'animait la bienveillance et la sensibilité. Je fit l'une brune et l'autre blonde, l'une vive et l'autre douce, l'une sage et l'autre faible, mais d'une si touchante faiblesse que la vertu semblait y gagner. Je donnai à l'une un amant dont l'autre fut la tendre amie, et même quelque chose de plus...Epris de mes deux charmants modèles, je m'identifiai avec l'amant et l'ami le plus qu'il m'était possible; mais je le fis aimable et jeune, lui donnant au surplus les vertus et les défauts que je me sentais."
Ainsi voila expliqués les personnages du roman: Julie et son amie Claire dont Saint Preux est également amoureux. Cet amour se change bientôt en passion pour Julie. Cette passion contrariée par le père de Julie pour des raisons de conditions sociales, se change en vertueux amour, lorsque Julie mariée à un homme de sa condition, monsieur de Wolmar, poursuit avec Saint Preux une amité idéale.

Emile ou l'éducation (1762)

Puisqu'il dénonçait la corruption de son siècle, Rousseau fut naturellement entrainé à proposer une éducation conforme à la nature.
"Tout est bien en sortant des mains de l'auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l'homme."
Il faut donc protéger l'enfant contre l'influence néfaste de la civilisation.= éducation à la campagne loin de la famille, de la société et des livres + liberté laissée à l'enfant qui se forme par sa propre expérience..
le but de cette éducation est de développer chez l'enfant son sens moral et décourager la vanité, l'esprit de domination,, la cupidité, le mensonge... Il s'agit de former en même temps que l'intelligence, une âme naturelle.

L'éducation féminine: "Toute l'éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d'eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, leur rendre la vie agréable et douce: voilà les devoirs des femmes de tous les temps, et ce qu'on doit leur apprendre dès l'enfance" : le prototype en est Sophie !