Le dixhuitième siècle en France = l'âge des "lumières" = le siècle de l'optimisme

La philosophie dite "des lumières"est d'abord une insurection contre l'autorité: celle de Dieu, de l'Eglise et des "despotes".
En contre partie elle promulge les droits de chaque individu raisonnable et apte à exercer sa liberté de penser et d'agir.

Montesquieu dénonce la monarchie absolue
Voltaire se moque des "tyrans" alors que
Jean-Jacques Rousseau croit à l'égalité fondamentale et à la démocratie républicaine.
Montesquieu et Voltaire sont déistes, alors que
Diderot, d'Alembert et Helvétius sont franchement athées
Rousseau reste sentimentalement attaché au Dieu d'amour, idéal des chrétiens.
Ce mouvement qui reste minoritaire, n'en sape pas moins petit à petit les fondements de la monarchie et de l'Eglise.

Tous les philosophes des lumières aiment la raison:

Ils critiquent l'autorité et la tradition sur le plan humain d'abord, mais surtout sur le plan de la société (dénonciation des inégalités et des privilèges non mérités), et sur le plan politique (dénonciation des abus et des incapacités, revendication de la liberté).

Ils critiquent Dieu et l'Eglise (ils refusent de lier la morale et la religion. Ils demandent une religion simple et naturelle et plus de tolérance).

Ils aiment la science pour sa logique. On aime les techniques (l'Encyclopédie révèle toutes les techniques possibles) la physique, qui explique le monde, l'électricité mystérieuse. L'art lui-même se veut scientifique et mathématique, simple, géométrique et rigoureux. On est sures que la science va apporter le bonheur et la paix universelle. On est très confiant et très optimiste.

Ils aiment observer la nature (surtout les animaux, les plantes, les montagnes) et les hommes dans leur vie de tous les jours (Chardin). l'histoire est très à la mode, mais surtout les voyages.
On trouve que plus on est loin des villes, plus l'homme est meilleur ... Ainsi en Chine, en Océanie, en Amérique ou dans les Alpes on trouve pleins de "bons sauvages". (Goût de l'exotisme)

La sensibilité devient à la mode. Peu à peu une évolution s'amorce.
Après l'âge classique de la raison, on redécouvre les sentiments, l'émotion, les pleurs. Après trop de confiance on se pose des questions sur la mort, sur la nécessité du savoir, on devient mélancolique.
Après l'âge rococo, on préfère la simplicité et la nature (goût des jardins anglais et de la campagne, qui se manifeste même à Versailles avec le Petit Trianon et le "hameau" de Marie-Antoinette). Ainsi progressivement le rococo fait place au style néoclassique et bientôt après aux premiers signes du romantisme.

Le XVIIIe marque la joie et le bonheur de vivre. Dans l'ensemble la France connait la paix et la croissance économique d'ou l'idée du bonheur à portée de main.
La vie est faite pour le bonheur, non pour la souffrance. On aime la conversation, les rencontres, les salons, les cafés, les clubs et les sociétés savantes.
On recherche le plaisir et le confort. Les appartements se veulent petits, agréables et gais.
On fait la fête. On s'amuse de tout même de l'amour. On developpe la frivolité et la mondanité, ce qui se manifeste dans l'art par les peintures gracieuses de Watteau mais surtout de Boucher et de Fragonard, par les petits meubles et le developpement des petits objets. On aime le rire (tous les portraits du XVIII siècle sourient) et les décors agréables (le style rococo). On insiste dorénavant sur le plaisir et le bonheur personnel, d'où le souci du luxe, des joies "naturelles"et "tranquilles", mais aussi de l'amour et de la gaieté.
On aime la musique, les voyages, le théâtre, les petits appartements confortables, le plaisir de s'instruire et de discuter, les salons se multiplient, les sociétés savantes aussi (Académies) tout comme la Franc-Maçonnerie. On croit qu'il est possible d'arriver à une société parfaitement heureuse.

La première partie du siécle est joyeuse, le style rococo ou Louis XV est trés chargé et trés gai. Il remplace le style Louis XIV jugé trop pompeux et trop riche. A la grâce des peintres Watteau et Lancret, succède Boucher obsédé d'amours (Putti) et de déesses dénudées.
Chardin défend la simplicité alors que Quentin la Tour dessine des personnages perpétuellement souriant.

La seconde partie du siècle se veut plus sérieuse, plus "éducative", le style néoclassique ou Louis XVI redécouvre l'élégance des lignes simples dans le mobilier, dans la décoration comme dans les monuments. La peinture s'assagit un peu, Greuze se veut faussement moralisateur, Fragonard est toujours intéressé par l'amour mais d'une manière plus moderne que ses prédécesseurs, Hubert Robert est fasciné par les ruines et la petitesse de l'homme.

Bien que la France domine le monde occidental au XVIIIème siècle et bien que toute l'élite européenne se mette à parler le français et à imiter la mode française, tout n'est pas pour le mieux car le peuple vit encore dans de très mauvaises conditions matérielles et la minorité intellectuelle, sociale et politique est en fait plus négative que positive, plus bavarde que concrête.
La France est en déclin par rapport à l'Angleterre qui lui prend ses colonies (l'Inde et le Québec) et par rapport aux Etats Unis qui sont les premiers à réussir leur révolution.
La monarchie française incapable de se réformer apparaît, au contraire des autres monarchies européennes, franchement conservatrice, inefficace et trop liée à la noblesse privilégiée.
La classe bourgeoise profitera de cette faiblesse pour prendre le pouvoir.


L'Europe des lumières - les artisans du siècle sont:

  • Pierre le Grand, tsar de Russie. Fondateur de St Pétersbourg, prend aux Suédois les cotes orientales de la Baltique.
  • Charles VII, roi de Suède : adversaire de la Russie-Pologne -Danemark
  • Catherine II, tsarine, alliance avec la Prusse et l"Autriche (reoit la partie orientale de la P{ologne) (L"Hermitage)
  • Marie-Thérèse d'Auriche, impératrice d'Autriche, épousa François de Lorraine. La pragmatique sanction lui permit de regner ce qui déclancha la guerre de succession d'Autriche + guerre de 7 ans. (Schoenbrun)
  • Frédérique II, roi de Prusse, envahit la Silésie (guerre de 7 ans = coalition de la France + Autriche + Russie contre Prusse + Angleterre. (Sans Soussi)
  • Louis XV, roi de France + Madame de Pompadour

Les grands écrivains français du XVIIIe sont

  • MARIVAUX (1688-1763) Dans ses comédies, les héros ne veulent pas reconnaitre leur amour et doivent y être forcés. Il a inventé le marivaudage, jeu de l'amour en paroles subtiles.
  • L'abbé PREVOST(1697-1762) Manon Lescot est le récit d'une passion naturelle et instinctive de deux personnes en désaccord avec leur société, même si cela mène au drame.
  • MONTESQUIEU (1689-1755) écrit Les lettres persanes en 1721 où il fait critiquer la société par deux voyageurs persans. Les Considérations sur la grandeur et la décadence des omains (1734) révèlent les instabilités de l'histoire. L'Esprit des Lois (1748) montre la nécessité des gouvernements en distinguant les bons et les mauvais, l'influence du climat sur les cultures religieuses ou politiques ce qui les rend relatives donc criticables et interdit le fanatisme
  • VOLTAIRE (1694-1778)publie en 1734 les Lettres Philosophiques où il vante le système libéral anglais. 1747 le conte de Zadig contre l'idee de bonheur. 1751 Le Siècle de Louis XII où il défend et attaque Louis XIV. 1756 L' Essai sur les moeurs où il montre le progrès de l'humanité et l'unité de la nature humaine en dépit des différences locales. 1759 Candide ou les malheurs d'un jeune optimiste "condamné à "cultiver son jardin. 1764 le Dictionnaire philosophique où il dénonce l'intolérance, les inégalités sociales non méritées, les erreurs judiciaires etc.
  • DIDEROT (1730-1784) publie en 1749 la Lettre sur les aveugles: les idées morales et religieuses viennent non de la révolution mais de notre propre personne. 1751-1756 L'Encyclopédie ou dictionnaire universel des arts et des techniques apportant le bonheur à l'humanité (sans Dieu). 1759-1781 les Salons, le beau est toujours émouvant et utile. 1773 Jacques le fataliste : il n'y a pas de vérité, mais seulement la recherche de la vérité.
  • ROUSSEAU (1712-1778) publie en 1750 le Discours sur les sciences et les arts (qui corrompent l'homme) 1753 le Discours sur l'origine de l'inégalite (créé en fait par la société et le progrès économique) 1757 la Lettre à d'Alembert sur les spectacles (mauvais par nature). 1761 La Nouvelle Héloïse (La passion amoureuse n'est pas mauvaise ni incompatible avec la vertu, surtout quand elle se passe dans une belle nature) 1762 L'Emile (pour une éducation active, libérale, agréable) La Profession de foi d'un vicaire savoyard (pour une religion naturelle, sentimentale, simple) Le Contrat social (nécessaire pour assurer un pouvoir juste et démocratique). 1782 Les Confessions (mémoires) et Les rêveries d'un promeneur solitaire (amour de la solitude et de la nature)
  • BUFFON (1707-1788) écrit l'Histoire naturelle insistant sur la logique de la nature et des animaux.
  • BERNARDIN DE SAINT-PIERRE (1737-1811) écrit Paul et Virginie (pureté de l'amour de deux adolescents à l'ile Maurice), Les Etudes de la nature (perfection de la nature en harmonie avec la pensee humaine)
  • BEAUMARCHAIS (1732-1784) le personnage de Figaro, joyeux, vif, frondeur est le type du personnage populaire intelligent, sentimental etecynique qui réclame la justice sociale.
le XVIIIème siècle Le siècle des lumières représente une confiance absolue dans la possibilité de résoudre les problèmes de l'existence (sociaux et politiques) avec la raison. Ils ont foi en l'avenir et sont contre la foi révélée (religion) et la tradition.

le XIXème siècle Le romantisme remplacera les lumières. Il s'oppose au rationalisme, exhalte la créativité de l'esprit et récupère la tradition (redécouverte de l'histoire)